Cours de civilisation française
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Henri II, Henri III et Henri IV

Les successeurs de François Ier

HENRI II

Roi de France. Fils de François Ier et de Claude de France. Sous l'influence de sa favorite Diane de Poitiers, il laisse se développer la puissance des Guise, combat les calvinistes (édit de Châteaubriant, 1551 ; édit d'Ecouen, 1559) et renforçe la centralisation du pouvoir par l'administration. C'est le premier absolutisme. Dès 1547, une section spéciale pour la lutte contre l'hérésie (le calvinisme) est formée dans le Parlement de Paris. En trois ans, cette Chambre ardente traite environ cinq cents cas et prononce trente-huit condamnations au bûcher. En outre, seize recettes générales sont créées en 1542 pour la gestion du domaine royal et le recouvrement des impositions directes (tailles) et indirectes (gabelle et aides). Le système financier est amélioré par l'introduction de quatre secrétaires d'Etat dans le gouvernement royal, chacun supervisant un quart du royaume. La hiérarchie judiciaire est complétée en 1551 avec la formation des présidiaux, tribunaux venant s'intercaler entre les bailliages et sénéchaussées. La politique extérieure d'Henri II continue celle de son père. Après la prise de Boulogne sur les Anglais en 1554, le roi reprend contre les Habsbourg une longue lutte ponctuée de trêves. Il conclut une alliance avec les Turcs et les protestants allemands (traité de Chambord, 1552) et s'empare des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun en 1552. La grave défaite de Saint-Quentin en 1558 contre l'armée espagnole est compensée en partie par la prise de Calais, mais les difficultés intérieures amenèrent Henri II à signer la paix désavantageuse du Cateau-Cambrésis en 1559. La même année, il est mortellement blessé par un coup de lance, au cours d'un tournoi contre Montgomery. Marié à Catherine de Médicis, il est le père de dix enfants, dont trois fils régnant : François II, Charles IX et Henri III.

HENRI III

Roi de France. Troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, il est d'abord duc d'Orléans (1560), puis d'Anjou (1566). Il s'illustre brillamment à Jarnac et à Moncontour, quand sa mère le fait élire roi de Pologne en 1573. Il revient bientôt en France pour succéder à son frère Charles IX et épouse Louise de Lorraine en 1575. Personnalité complexe, intelligent et cultivé, Henri III ne sait pas réaliser l'unité autour de lui, en raison de son indécision et aussi de son homosexualité. Après avoir lutté contre les protestants, il suit le parti des Politiques et signe la paix de Monsieur (1576). Celle-ci provoque la formation de la Ligue, sous la conduite d'Henri de Guise. Henri III s'en déclare le chef, sans obtenir pour autant l'adhésion des catholiques fanatiques. Il doit reprendre contre les huguenots une guerre qui aboutit à la paix de Nérac en 1580, moins favorable que celle de Monsieur. Une trêve de cinq ans lui permet de se rêver prince de la paix selon l'idéal néo-platonicien développé dans l'Académie du Palais à laquelle il participe volontiers. Tout cela vole en éclat avec la mort de son frère en juin 1584 car l'hypothèse d'une accession au trône du calviniste Henri de Navarre fait renaître la Ligue nobiliaire qui conclut un accord avec l'Espagne en décembre et publie le manifeste de Péronne le 30 mars 1585. Dans l'édit du 18 juillet 1585, Henri III interdit toute manifestation de protestantisme en France. Mais déçus de la mollesse de la politique royale, les Ligueurs exercent une forte pression lors des journées des barricades parisiennes les 12-13 mai 1588. Sentant le pouvoir lui échapper, Henri III préfère quitter la capitale pour se réfugier à Tours. Dans un premier temps, il se rallie aux extrémistes catholiques mais les Etats généraux faisant un triomphe au duc de Guise et limitant les prérogatives du roi, Henri III commande le meurtre du duc. Lui-même est assassiné par le moine ligueur Clément.

HENRI IV

Roi de Navarre (1572-1610) et de France (1589-1610). Fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, il est nommé en 1560 Lieutenant général du Royaume de France à la faveur de l'avènement de Charles IX. Installé par son père à Paris, Henri de Navarre reçoit l'éducation des nobles de l'époque au collège de Navarre. Mais, à la mort d'Antoine de Bourbon en 1562, Jeanne d'Albret, acquise à la Réforme, est incitée à regagner ses Etats. Sa mère le présente en 1569 à l'armée des protestants rassemblés à la Rochelle où il devient dès ce moment, sous la tutelle de Coligny, chef du parti huguenot. Son sens tactique du combat - surgissant à l'improviste et disparaissant aussitôt - confirme bientôt sa participation heureuse au succès de Coligny à Arnay-le-Duc, événement qui incite Catherine de Médicis à conclure la paix de Saint-Germain (1570). Le mariage d'Henri avec Marguerite de Valois, fille de Catherine de Médicis et d'Henri II, le 18 août 1572, est un gage de réconciliation. La même année, il devient roi de Navarre, après la mort de sa mère. Grâce à Charles IX, Henri de Navarre échappe à la Saint-Barthélemy, mais est invité à abjurer le protestantisme. Pendant trois ans, il est retenu semi-captif à la cour de France. En février 1576, il parvient à s'enfuir et reprend la tête de l'armée protestante. En 1584, la mort du duc d'Anjou, frère du roi, l'élève d'emblée au rang d'héritier de la couronne. La ligue s'émeut, épaulée par les Espagnols, et entend porter Henri de Guise vers le trône à sa place. Se sentant bafoué, Henri III se rebiffe et désigne Henri de Navarre comme son successeur à sa mort. Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d'Henri IV. Sa conversion au catholicisime en 1594 lui redonne l'affection des catholiques français qui craignent une mainmise espagnole sur la France. Une fois son autorité acceptée, les ralliements commencent (1593), mais beaucoup sont achetés à prix d'or. Le traité de Vervis ramène la paix avec l'Espagne en 1598 et promulgue la même année l'édit de Nantes qui reconnaît officiellement l'existence des protestants. Le règne d'Henri IV est marqué par la restauration du pouvoir royal et l'accomplissement, avec l'aide de Sully, du redressement économique et financier. En 1599, le roi fait annuler son mariage avec Marguerite de Valois et se remarie l'année suivante avec Marie de Médicis. Il est poignardé le 14 mai 1610 par François Ravaillac, catholique exalté resté fidèle aux idéaux de la Ligue.


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